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Les bois

 

La flûte traversière

La flûte traversière est un instrument à vent de la famille des bois. Aujourd’hui en métal (maillechort, argent, parfois même en or !), la flûte fut jusqu’au milieu du XIXème siècle fabriquée en bois. C’est un choix que font encore actuellement bien des flûtistes, en raison de la qualité particulière du son. La méthode de production du son est commune à toute la famille des flûtes : l’air soufflé est mis en vibration par un biseau disposé à l’embouchure.

Le terme de traversière est dû à la position de jeu de l’instrument, joué sur le côté, par opposition à de nombreuses autres flûtes (flûte à bec, flûte de pan…).

L’histoire de la flûte remonte à la Préhistoire. On la retrouve ensuite en Chine, puis en occident au XIIème siècle. A partir du XVIIIème siècle, l’instrument devient incontournable, tant à l’orchestre qu’en soliste, en raison de sa sonorité diaphane et de son agilité.

La famille des flûtes traversières est vaste : outre la « grande flûte » couramment utilisée, on trouve le piccolo, la flûte en sol, la flûte basse… et d’autres encore, dont l’usage est moins fréquent. Le piccolo est accordé une octave au dessus de la précédente. Ses aigus volubiles en font un instrument essentiellement réservé à l’orchestre. La flûte en sol, plus grave d’une quarte, a un son très doux, très intime, qui limite toutefois son utilisation. Ravel et Stravinsky cependant l’ont beaucoup appréciée (Daphnis et Chloé de Ravel). La flûte basse a une embouchure recourbée, afin d’en faciliter le jeu.

  • J-S. Bach                      Suite en si
  • Mozart                          Quatuors pour flûte et cordes
  • Debussy                        Prélude à l’après-midi d’un faune
  • Berio                              Sequenza

 

Le hautbois

Le hautbois est un instrument de la famille des bois, elle-même appartenant à la grande famille des vents. Il remonte à l’Antiquité, égyptienne ou grecque (comme l’aulos, représenté ci-contre), et a évolué au gré des époques et des civilisations de bien différentes façons, jusqu’à être présent aujourd’hui dans quasiment toutes les civilisations. De l’Inde à la Russie, de la Birmanie à Cuba, du Japon au monde celte, les instruments de la famille du hautbois se rencontrent partout.

Ils partagent tous le même mode de jeu : une anche double, fabriquée en roseau, est mise en vibration par  le souffle de l’instrumentiste. En ce qui concerne le hautbois et ses plus proches parents (hautbois d’amour, cor anglais), l’anche est ligaturée sur un tube et est pincée par les lèvres de l’hautboïste. Le corps de l’instrument est conique, et un jeu de clé complexe permet de boucher les 23 trous et d’avoir, grâce à la centaine de doigtés possibles, une agilité et une vélocité remarquable.

Le répertoire du hautbois est  très large. Utilisé pour la première fois par Lully en 1657, il est omniprésent dans la musique baroque, Bach en tête, tant en soliste qu’en instrument d’orchestre. Citons quelques œuvres majeures écrites pour cet instrument :

  • T. Albinoni                   Concertos pour 1 et 2 hautbois, op. 7 et 9
  • Mozart                           Quatuor en Fa M
  • Schubert                       2ème mouvement de la Symphonie n°9 (Grande Symphonie)
  • Tchaïkovski                  Le lac des cygnes
  • Britten                            6 métamorphoses d’après Ovide
  • E. Morricone                 The mission

 

 

La clarinette

De tous les instruments à vent, la clarinette possède la plus large tessiture avec 3 octaves plus une sixte mineure, soit 45 notes en tout. Elle se décline en une famille d’instruments presque tous transpositeurs, couvrant toute l’étendue de l’orchestre symphonique.

Historiquement, la clarinette s'apparente à de nombreux instruments à anche simple et perce cylindrique dont l'origine se perd dans la nuit des temps, et qui se retrouvent sous diverses formes jusqu'en Extrême-Orient. Dans le monde occidental, l'ancêtre direct de la clarinette est le chalumeau médiéval, mais le premier instrument qui lui ressemble vraiment est d'invention relativement récente. C'est l’allemand J-C. Denner qui modifia vers 1690 l’embouchure du chalumeau, et ajouta au tuyau sonore un pavillon dont la forme rappelait celle de la petite trompette ou « clarine », d'où le diminutif « clarinette ».

Arrêtons-nous un instant sur le bec (voir photo). Sur celui-ci se trouve ligaturée l’anche, et de sa forme dépend en grande partie la qualité du son : chaque clarinettiste choisit son bec comme un violoniste choisit son archet. Chaque bec est différent, car travaillé à la main.

Le répertoire de la clarinette est intimement lié à la diversité de sa nombreuse famille. La clarinette en si b, la plus couramment employée, a été choisie par Brahms par exemple, pour son quintette avec cordes. C’est aussi pour elle que Weber a composé ses concertos, elle encore que Beethoven a choisi pour le 2ème mouvement de la 5ème symphonie. Son glissando au début de Rhapsodie in Blue reste dans toutes les mémoires, et comment ne pas parler également du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen. Mozart, lui, a préféré la clarinette en la pour son célèbre concerto, et a utilisé le cor de basset dans son Requiem. La musique orchestrale est un terrain riche pour entendre les différentes clarinettes : la petite clarinette en Mi b dans le Boléro de Ravel, la clarinette basse dans le Casse-noisettes de Tchaïkovski… Pour terminer sans prétention d’exhaustivité, la clarinette est l’instrument phare de la musique Klezmer.

 

 

Le saxophone

Le belge A. Sax a cherché inlassablement à perfectionner les instruments de musique, et plus particulièrement les instruments à vent ; il en a amélioré la justesse, la qualité de la sonorité ainsi que la facilité de jeu. En 1846, Sax dépose un brevet pour « un système d'instruments à vent dits saxophones ». Bien que métallique, le saxophone appartient à la famille des bois par son mode de production du son : c'est la vibration d’une anche de roseau sur la facette d’un bec qui permet l'émission du son, par la mise en vibration de la colonne d'air contenue dans le corps de l'instrument. C’est en cela un obstruent proche de la clarinette. Cette dernière cependant se distingue par la perce cylindrique de son corps ; celle du saxophone est conique, et cette différence est considérable.

7 tailles de saxophones sont encore usitées de nos jours :

Ambroise Thomas, Bizet et Massenet furent les premiers à l'employer couramment, suivis de Milhaud (la création du monde), Ravel (Boléro), Prokoviev (suite du Lieutenant Kijé), le concerto de Glazounov, bien d’autres encore… et l’on sait quelle place il tient dans la musique de jazz.

 

 

Le basson

Le plus grave des instruments de la famille des bois utilise, comme le hautbois, une ache double pour produire le son. Doté de deux branches de bois précieux (palissandre ou érable) reliées par une culasse en forme de U très serré, le basson (ou fagott) a une longueur totale de tuyau (de perce conique) d’environ 2m 50. Un tuyau de métal, nommé bocal, relie l’instrument (vertical) à l’anche (nécessairement horizontale, pour être tenue entre les lèvres du bassoniste).

Les origines du basson sont très anciennes. Les instruments à anche double ont été beaucoup utilisés dans la civilisation égyptienne, au Moyen-Orient, ainsi qu’en Asie. Les traces des ancêtres du basson apparaissent en Europe au Moyen-Age, comme la douçaine ou le cervelas.

La première référence au basson remonte à 1602, en Italie où on le nomme fagotto (en référence sans doute à ces deux branches assemblées en « fagot »). Différents types de basson coexistent, mais sont souvent malaisés à jouer. L’instrument continuera à évoluer et progresser au cours des siècles.

Le basson a une étendue remarquable : 3 octaves et une quinte, en partant du si b grave. Son timbre va d'un grave robuste, incisif, à un aigu un peu « bouché », capable d'une grande expression, en passant par un médium ferme mais doux.

Ce timbre si particulier et envoutant a inspiré bien des compositeurs au fil des siècles :

  • Vivaldi                      39 concertos
  • Mozart                       Concerto
  • Schubert                   Octuor
  • Saint Saens              Sonate avec piano
  • Grieg                         Peer Gynt
  • Prokoviev                Pierre et le loup (le grand père)
  • Stravinsky              Le sacre du printemps

 

 

 

     

   

 

 

 

 

 

 

 

 

      

 

   

        

   

 

 

 

 

                 

              

                    

 

 

 

 

              

               

                      

                    

                    

 

         

                 E. Degas : bassoniste de                         l'orchestre de l'Opéra de Paris

              

                        Anches de basson